L' homme machine

L' homme déshumanisé

« Le quotidien nous laisse un goût de métal au revers des lèvres. Chaque jour nous touchons le fer brûlant ou glacé, chaque fois que point l' aurore l' on sort sur les chemins pour mettre au travail nos corps fatigués.

Les rouages de notre économie, comme il disent, sont faits de pistons et de chaînes. Nous petits techniciens sommes les brancardiers du préfabriqué, des mercenaires aux contrats indéterminés qui peuplent les usines.

Original en terre cuite, disponible en tirage

H54/44/25

Moi je suis très petit, moi je suis interchangeable. Je suis un maillon anonyme de la course aux dépenses ; moi je ne suis qu'une paire de mains calleuses. Bien sur je m' interroge quand je vois des vieux fatigués, fatigués, tout noirs, tout fripés qui crèvent en silence après de longues vies de misère, car la misère ici colle à la peau comme si elle se propageait dans l' air. Moi aussi je m' interroge, mais je refuse d' accuser et de me laisser bouffer par la colère, je refuse d' avoir la bave aux lèvres. »

Parfois quand je travaille jusqu'à la limite de mes forces et que mon corps commence à flancher, moi aussi je commence à déconner. Je n'ose en parler à personne mais je sais que c'est important. Parfois je me dis, comme au théâtre où dans les livres, enfin tout ces trucs dont on entend seulement parler : « quelqu'un pense t-il à nos âmes qui pleurent des vis et des boulons, à nos cœur renfrognés qui ont besoin d'un sens à cette vie ? Quelqu'un pense t-il, consommant son achat, à ma sueur, à ma souffrance et à mon sang ?"

                                                                                                                                          extrait de" La terre brûlée"

                                                                                                                                           

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