Chrysès, prêtre d' Apollon

d' après l' original de Michel-Ange Slodtz 1740 musée du Louvre

Chryses est un personnage issu des mythes de la Grèce antique archaïque. Il prend place au sein du poème épique d' Homère, l' Iliade, récit fondamental de la culture hellénistique.

Grand prêtre du temple d' Apollon à Troie, Chryses lui adresse une supplication pour qu' il intercède en sa faveur. En effet après avoir subtilisé sa fille, Agamemnon refuse de lui rendre l' otage contre le tribut proposé. En cela les grecs enfreignent la morale guerrière et s' attirent la colère des Dieux.

C'est là-dessus que s'engage, entre Achille et Agamemnon, la violente querelle qui va devenir le point de départ de toute l'action poétique de l’Iliade.

Original en terre cuite, disponible en tirage

H50/30/30

« Atrides, et vous tous, ô Grecs aux belles tuniques, puissent les dieux habitants des demeures célestes vous accorder la faveur de dépeupler la ville de Priam et de rentrer heureusement dans vos maisons ! Mais vous, daignez relâcher ma chère fille ; et recevez ces présents en manière de rançon, par révérence du fils de Jupiter, Apollon, qui lance au loin ses flèches ! »

Alors, tous les autres Grecs, en vérité, approuvèrent, déclarant qu'il convenait d'avoir égard pour le prêtre et d'accepter ses insignes présents :mais la chose ne plaisait point au cœur de l'Atride Agamemnon. Si bien qu'il renvoya durement Chrysés, et l'accabla encore en disant :

« Fais en sorte, vieillard, que je ne te rencontre point auprès de nos vaisseaux creux, ni l'attardant à présent, ni revenant plus tard, si tu ne veux pas que le sceptre et les bandelettes de ton Dieu ne te servent de rien ! Et quant à celle que tu réclames, jamais je ne la délivrerai avant que la vieillesse l'ait envahie dans notre maison d'Argos, loin de sa patrie, occupée à filer la toile et à orner ma tente ! Sur quoi, va-t'en, et ne m'irrite point, afin de pouvoir t'en retourner sain et sauf ! »

Ainsi il parla.

Et le vieillard fut pris de peur, et obéit à son ordre. Mais il s'en alla, en silence, le long du rivage de la mer sonore ; et le vieillard, ensuite, s'éloignant à l'écart, éleva maintes prières vers le roi Apollon, qu'enfanta Latone à la belle chevelure :

« Entends-moi, dieu à l'arc d'argent, qui protèges Chrysès et la sainte Cilla, et qui règnes puissamment sur Ténédos, ô Apollon ! Si jamais j'ai orné pour toi un temple digne de te plaire, ou si jamais j'ai brûlé en ton honneur la chair grasse des taureaux et des chèvres, daigne exaucer ce désir de mon cœur : que les Grecs soient châtiés, par tes flèches, des larmes qu'ils me font verser ! »

 Ainsi il dit, en prière. Et Phébus Apollon l'entendit. Le cœur plein de colère, il descendit des sommets de l'Olympe, portant sur ses épaules son arc et son carquois recouvert de tous côtés ; et les flèches vibraient sur son épaule, dans sa fureur, à chacun de ses pas ; et il allait, pareil à la nuit. Puis, s'étant posé au-dessus des navires, il lança ses flèches, et l'on entendit retentir le bruit sonore de son arc d'argent. Tout d'abord il assaillit les mulets, et les chiens rapides ; après quoi, dirigeant sur les hommes eux-mêmes sa flèche amère, il frappait ; et sans cesse brûlaient en foule les bûchers des morts. Pendant neuf jours s'abattirent ainsi dans le camp les flèches du dieu. Mais, le dixième jour, Achille réunit en conseil les chefs de l'armée : car cette idée lui avait été inspirée par Junon, la déesse aux cheveux noirs, pleine de sollicitude pour les Grecs toutes les fois qu'elle les voyait mourir."

                                                                                                                                                    Homère, l' Iliade

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